zondag, oktober 29, 2006

Ségolène uitgefloten

PS : Ségolène Royal chahutée à Paris
LE MONDE | 27.10.06 | 14h31 • Mis à jour le 27.10.06 | 14h32

ne épreuve. Pour la première fois, Ségolène Royal a été contestée et chahutée par des militants lors du deuxième débat régional de la primaire socialiste qui a réuni, jeudi 26 octobre, au Zénith de Paris, devant plus de 5 000 personnes, les trois candidats à l'investiture présidentielle du PS. Huées et sifflets ont à plusieurs reprises couvert les applaudissements des supporteurs de la présidente de la région Poitou-Charentes. D'emblée, sa référence à François Mitterrand, "qui a inauguré cette salle en 1984", et à la date anniversaire de l'ancien président socialiste ont été mal perçues.Mais les réactions ont surtout été vives lorsque Mme Royal, prenant la parole après Laurent Fabius, a défendu son idée de créer des jurys citoyens. "Bien sûr, il y a le projet socialiste !, s'est exclamée la candidate. Mais il est dangereux et vain de fermer les yeux sur la crise démocratique profonde. A force de ne rien voir, on a ensuite une insurrection dans les urnes !"

Les sifflets ont redoublé lorsqu'elle a évoqué les "catégories populaires qui nous ont manqué en 2002" et ajouté : "Elles ne vont pas venir vers nous simplement parce que nous agitons le projet." "Hou !", s'est mise à crier une partie de la salle, dont l'accès avait été, comme la semaine précédente à Clermont-Ferrand, interdit aux caméras, photographes et radios au moment des discours.

Mme Royal a répété, déclenchant cette fois des ricanements : "N'ayons pas peur du peuple". Déstabilisée, elle a eu cette répartie étonnante : "La démocratie c'est comme l'amour, plus il y en a, plus elle grandit." Avant elle, Laurent Fabius avait ouvert le débat en lançant : "Chaque jour, ou presque, des idées nouvelles jaillissent autour de nous et même chez nous. Je voudrais ce soir proposer l'idée la plus nouvelle, celle avec laquelle aucune autre ne pourra rivaliser : qu'en 2007, le candidat désigné par le parti socialiste applique le projet socialiste !" L'ovation a fait place à quelques sifflets lorsque l'ancien premier ministre, partisan du non à la Constitution européenne, a abordé le thème de l'Europe.

Seul, Dominique Strauss-Kahn, dernier orateur, a tiré son épingle du jeu. Encouragés par ses partisans qui semblaient les plus nombreux, l'ancien ministre a rejeté "l'ordre juste" prônée par Mme Royal. "L'ordre est nécessaire mais il ne peut pas, à lui seul, faire un projet ! a-t-il affirmé. Le maître-mot de notre discours c'est : la vérité. Quelqu'un appelait tout à l'heure à respecter le peuple et à ne pas en avoir en peur, oui, il faut lui dire la vérité."

Le meeting s'achevant dans la cacophonie, le maire de Paris, Bertrand Delanoë, s'est dirigé le premier vers la sortie sans un mot. Dehors, les équipes des candidats s'échauffaient. Julien Dray, partisan de Mme Royal, en est quasiment venu aux mains avec Ramzi Khiroun, conseiller en communication de "DSK". Alors qu'il dénonçait devant les journalistes une salle "bourrée" par les strauss-kahniens, M. Dray a vu rouge lorsque M. Khiroun lui a lancé : "Ce soir, le jury populaire a tranché !" D'autres "royalistes" se consolaient en évoquant une crise de régime au PS. "Il y a toujours des soubresauts de la bête quand le vieux parti meurt", affirmait David Assouline, sénateur de Paris.

Mme Royal lançait un appel aux militants "à venir voter très nombreux" le 16 novembre, date du premier tour du vote. "Je ne m'explique pas ce qui s'est passé ce soir, disait-elle, mais c'est une épreuve supplémentaire qui va m'aguerrir." Les candidats ont rendez-vous le 7 novembre pour le dernier débat télévisé suivi, le 9, d'un meeting à Toulouse au terme d'un marathon qualifié d'"inutilement long" par la candidate.

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