zaterdag, juni 16, 2007

Mijn leven was een hel (Di Rupo)

Elio Di Rupo sera candidat, le 11 juillet, à sa propre succession à la tête du PS. Son successeur à la Région sera choisi en même temps que le gouvernement fédéral.

TANGUY JOCKMANS

Vous avez décidé de mettre fin à votre cumul. Qu'est-ce qui vous a décidé ? Guy Spitaels ?

J'aimerai d'abord vous poser une question. Pourquoi n'a-t-on parlé de cumul pratiquement qu'à mon égard, alors que nous étions deux, Didier Reynders et moi, à être en même temps ministre et président de parti ? Cela reste pour moi un mystère. Encore ce matin en lisant la presse, je me disais : "Tiens, comme c'est drôle". Quand on est un peu affaibli, on voit à quel point on doit rajouter du dédain à la désobligeance.

Cela dit, et indépendamment de Monsieur Spitaels qui a manifestement répondu d'une manière un peu rapide à des questions d'un journaliste, nous avions élaboré dès le lundi qui a suivi les élections une stratégie et un timing. Nous aurions dû annoncer cela lundi prochain, après le bureau. J'avais tout prévu.

Pourquoi avoir cumulé ?

Je ne suis pas allé à Namur de gaîté de coeur. Quand l'affaire sur les logements sociaux a éclaté, j'avais demandé à Jean-Claude Van Cauwenberghe de ne pas démissionner. Il ne m'a pas suivi. Nombreux sont ceux qui disaient que le Plan Marshall ne pouvait prendre de retard. J'avais des ministres de qualité, mais pas assez aguerris pour cette fonction. Mes amis m'ont alors demandé d'y aller. J'y suis allé. Ma vie était difficile. Ma vie a été un enfer durant toute la période. C'était un enfer parce que l'espace privé s'est réduit de façon considérable. Beaucoup de ministres et beaucoup de membres du parti peuvent vous dire que j'y ai laissé énormément de mon existence. Mais j'ai fait face à ces deux missions, à temps plein.

Pourquoi vouloir changer maintenant ?

On subit un échec électoral, qui est important (on perd 5 sièges et 15 pc de nos voix). Au SP.A, c'est encore plus : nos homologues flamands perdent 9 sièges et 30 pc de leurs électeurs. Mis ensemble, cela donne une impression catastrophique. Il nous faut rebondir et reconstruire. Mais cette reconstruction exige que je m'investisse dans le parti, que j'élabore une nouvelle stratégie. Et cela me prendra du temps. Je ne peux pas faire cela et en même temps être à la tête du gouvernement wallon. Ce n'est humainement pas possible.

Quand passerez-vous la main ?

Tout d'abord, le changement n'aura lieu que si je suis réélu à la tête du PS. Sinon, je resterai ministre-Président wallon. Quand ? La passation du témoin devrait se faire quand le gouvernement fédéral sera installé. Cela devrait donc intervenir en juillet ou en août. Tout cela dépendra du calendrier de la formation du gouvernement.

Pourquoi privilégier la présidence du PS et pas la présidence du gouvernement wallon ?

J'ai fait le tour de tout ce qui compte au PS. A l'unanimité, on m'a demandé de poursuivre ma mission à la tête du PS. Parce que c'est le lieu de réflexion et d'élaboration des stratégies politiques. Il serait pourtant plus confortable de rester à la Région wallonne.

Le problème, c'est que personne ne s'impose pour diriger le gouvernement wallon ?

Il y a toujours quelqu'un. Les cimetières sont remplis de gens indispensables.

Il y a aussi la perspective d'aller dans l'opposition au Fédéral ?

C'est un élément. La fusion des fonctions ne posait pas de problème tant que le PS était partout au pouvoir. Mais si on doit se retrouver dans l'opposition au Fédéral dans le même temps que notre partenaire à la Région accède au pouvoir, le cumul des deux fonctions pouvait amener à des conflits d'intérêt politique.

Comment sera désigné le prochain ministre-Président. C'est le poids des fédérations qui jouera ?

Non, non, ce ne sera pas le poids de quoi que soit. Je n'y ai pas encore réfléchi. La question ne se pose d'ailleurs pas tant que je ne suis pas réélu. On verra à partir du 12 juillet, puisque le vote devrait avoir lieu le 11.


(bron: La Libre Belgique)

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