zondag, april 13, 2008

Saint-Simon on line



Les mémoires de Louis de Rouvroy, duc de Saint-Simon, grand classique de la littérature française, connaissent évidemment de multiples éditions en ligne (facilement repérables: BNF Gallica, Googlebooks). Pourtant je voudrais tirer l'attention du visiteur sur un magnifique outil qui permet à la fois de chercher dans le texte, de copier des morceaux et de les reconvertir en pdf (même à partir d'un petit extrait, choisi au hasard). Reportez-vous à http://rouvroy.medusis.com/index.xsp. Pour que les merveilleux ragots et les calomnies délicieuses du duc restent accessibles quand vous vous branchez sur un hotspot WiFi à l'aéroport. Prenez l'exemple du duc de Vendôme et ses très discutables mœurs.

Il se levait assez tard à l'armée, se mettait sur sa chaise percée, y faisait ses lettres, et y donnait ses ordres du matin. Qui avait affaire à lui, c'est-à-dire pour les officiers généraux et les gens distingués, c'était le temps de lui parler. Il avait accoutumé l'armée à cette infamie. Là, il déjeunait à fond, et souvent avec deux ou trois familiers, rendait d'autant, soit en mangeant, soit en écoutant ou en donnant ses ordres, et toujours force spectateurs debout. (Il faut passer ces honteux détails pour le bien connaître.) Il rendait beaucoup; quand le bassin était plein à répandre, on le tirait et on le passait sous le nez de toute la compagnie pour l'aller vider, et souvent plus d'une fois. Les jours de barbe, le même bassin dans lequel il venait de se soulager servait à lui faire la barbe. C'était une simplicité de moeurs, selon lui, digne des premiers Romains, et qui condamnait tout le faste et le superflu des autres. Tout cela fini, il s'habillait, puis jouait gros jeu au piquet ou à l'hombre, ou s'il fallait absolument monter à cheval pour quelque chose, c'en était le temps. L'ordre donné au retour, tout était fini chez lui. Il soupait avec ses familiers largement; il était grand mangeur, d'une gourmandise extraordinaire, ne se connaissait à aucun mets, aimait fort le poisson, et mieux le passé et souvent le puant que le bon. La table se prolongeait en thèses, en disputes, et par-dessus tout, louanges, éloges, hommages toute la journée et de toutes parts.

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