woensdag, januari 21, 2009

C.R. Colloque AN (2) (Partie politique)

II. Axel Poniatowski
Député de droite, président de la Commission des affaires étrangères du Sénat. Moins intéressant que le précédent.




III. Table ronde

A. François Bujon de l'Estang (ambassadeur de France à Washington jusqu'en 2002, préside la session). Quatre remarques:

1° Novembre 2008 signifie une vraie rupture, un tournant dans la politique américaine
<> 2008 = fin de ce cycle

2° Le passif est lourd: on sait

3° Obama a des atouts personnels considérables:
- Personne + son image
- Discours fondé sur les valeurs américaines
- Sang-froid/discipline, cf. discours de Philadelphie sur la race en Amérique
- Homme de réconciliation: "Yes We Can"/embaucher Hillary après une campagne dure = les conflits sont derrière nous
- Bonne équipe, très cohérente et compétente

Obama = changement d'APPROCHE et de méthode; "STYLE IS SUBSTANCE"
Les intérêts géostratégiques de l'Amérique restent les mêmes: les négociateurs américains défendront toujours leur pays
=> il n'y aura donc en aucun cas une rupture, mais plutôt une évolution dans la continuité (exit Irak, tenter dialogue en Iran)

=> Les Démocrates sont des pragmatiques: Multilatéralistes, Gouvernance mondiale économique et financière
ex: Pas seulement les 14 points de Wilson (1917), mais aussi Bretton Woods !!
ex: Pas seulement la concertation entre alliés, mais aussi parler à l'ADVERSAIRE

Cependant: trois caveats:
1) La priorité à l'INTERIEUR
=> "Guantanamo takes a back seat"
2) Un président jeune sera testé
=> Chine/Russie/Iran essayeront bien quelque chose (cf. Joe Biden pendant la campagne)
3) LE problème européen: comment lui dire NON ?

B. Intervenants
- Constance Borde (vice-présidente des Democrats Abroad France)
Très émotionnée, contente qu'"Obama a enfin les sondages en Amérique qu'il avait depuis un an en France" (79% d'opinions positives); espère qu'un "homme de droit" et quelqu'un qui "a connu la pauvreté" saura mieux se mettre dans la peau des victimes de George Bush; Obama communique comme FDR ("le fait de voir qu'il y a quelqu'un qui s'occupe de vous fait déjà beaucoup")



- Elisabeth Guigou (PS, acienne garde des Sceaux et professeur à Sciences Po)
Avait à quitter assez vite, faisait que des remarques pointues: si les Etats-Unis ne s'engagent pas sur le changement climatique, l'Inde et la Chine ne le feront pas non plus; que fera-t-il pour les soins de santé ?; que pense-t-il d'un "juste échange" (cf. redémarrer Doha à l'OMC); Politique internationale: arrêter d'élargir l'OTAN (Géorgie/Ukraine: c'est non) - Il faut qu'Obama s'engage personnellement au Moyen-Orient - qu'il se réalise que la solution du problème afghan ne peut pas être que militaire (il faut parler du Kashmir et des problèmes Indo-Pakistanais) - Finalement, pour l'Iran, il faut une vision LARGE < juin 2009: élections présidentielles en Iran, le dialogue peut aider les opposants à la politique d'Ahmadinejad

Stuart Haugen (Republicans Abroad Europe)
"Je ne suis pas là pour défendre George Bush" :-)
Quelques remarques:
1- Politique de défense: où en sont les Européens avec leur prommesse d'investir 2% du BIP dans les affaires militaires ? Seulement 3 pays font un effort <=> les EU auront à dépenser à l'intérieur
2- les intérêts fondamentaux de l'Europe et des EU ne sont pas parallèles => la base de la politique internationale ne changera donc pas



- Denis de Kergolay (French Heritage Society = organisation qui récolte les deniers des philantropes américains pour restaurer le patrimoine architectural français)
Obama est un produit du mécénat américain < tant son père (venu étudier aux EU grace à une bourse USAID, pour ensuite rencontrer sa mère) que son épouse (Ivy League, boursière) sont des produits des largesses privées américaines; le système survit, parce qu'il est indépendant du public; les Américains n'aiment pas l'idée d'assistanat (il faut qu'il y ait une contrepartie ex: études brillantes, investir pour autant qu'on reçoit de l'aide)



Christopher Klein (ambassade des Etats-Unis à Paris)
Les élections se sont déroulées sur base de thèmes de politique INTERNE => la grande majorité d'Obama au Congrès est composée de diverses fractions (= exactement ce que disait une interview d'une de ces figures au Wall Street Journal, distribué gratuitement à Sciences Po le jour même)

- Sylvie Laurent (Sciences Po, vient de sortir "l'Amérique homérique", critique parue dans le Monde du 20 janvier)
Obama = le produit symbolique de centaines de miliers d'enfants africains morts pendant la traversée de l'Atlantique; un "enfant du gouffre"; peut-être que le concept français de "négritude" (Aimé Césaire = identité noire, cross-nationale) aidera à réunir l'identité noire ==> Il faut que la France aide Obama à maîtriser ce "Tiers Espace"



- Yannick Mireur (Auteur de "Après Bush - pourquoi l'Amérique ne changera pas")
On oublie trop facilement les initiatives de Bush en Afrique (combat contre le SIDA);
En matière de politique étrangère, la vraie rupture, c'était BUSH <> Obama = retour à la tradition américaine, exit messianisme et interventionnisme appuyé par la force;
La confiance que veut inspirer Obama = trait reaganien;
Les Démocrates plus réalistes en politique internationale ? Il n'en est rien => c'est eux qui ont commencé les guerres (Nixon/Ford/Reagan = Paix <=> JFK/Johnson/Wilson = la guerre);


La vraie priorité = le dialogue avec la CHINE => tant pour les aspects économiques, que pour le problème Taiwanais (cf. négociation d'une convention de libre-échange avec le Taiwan, appuyée par le lobby aux Etats-Unis <=> la Chine veut l'extension de la souveraineté de l'île à long terme)

- Raphael Sohnenshein (professeur-visiteur à Paris-VIII, enseigne la science politique à l'Université d'Etat de Californie)
Comme dans n'importe quel autre pays, la politique intérieure explique les actions externes:
1) Le premier président "noir": d'accord <=> la rupture plus importante se situe au niveau du PARTI démocrate
< publicain =""> Obama a conquis les états industriels, l'"Outer South", le Nord-Ouest et le Sud-Ouest ==> Selon RS, les Dems auront aussi les Rocky Mountains; le parti rassemble 70% des premiers votants, et 60% des jeunes
<=> les Républicains ne détiennent plus que le Sud; sont considérés comme un parti traditionnel, qui ne peut que descendre pour les années à venir <=> Démocrates = science/modernité/cosmopolitisme: ils sont revenus sur le "Road of Power"

2) Le mandat d'Obama est révolutionnaire sur le plan INTERNE
<=> Politique extérieure: pas du tout ! (donne raison à Mireur: c'est Bush qui a rompu la politique extérieure, Obama revient au normal)
a) La fin du premier mandat-Bush
= fin du moment néoconservateur + Bush a embrassé la politique extérieure démocrate pendant les deux dernières années

b) Comment utiliser le crédit interne ?
- Irak: il peut tarder de beaucoup de mois avant le retrait définitif
- Le public américain préfère le RESPECT à l'amour => faire des photos avec les alliés = apprécié <=> il ne faut pas céder sur d'autres dossiers
ex: Moyen-Orient: le soutien pour Israël est très large (pas de complexe du tout) <=> Obama peut se permettre de participer de façon plus active aux négociations, "a very strong effort" = ok <=> la compréhension du dilemme existentiel de l'Etat d'Israel restera

3) Obama est un "innovative guy" => Les Démocrates le trouvent TROP innovatif !!
<> Bush: ne médaillait que ses amis (Blair/Howard)
<=> sa façon d'agir entraine des RISQUES

4) Les dossiers ne sont pas si faciles que ça
ex: Guantanamo: position claire <=> les Européens ne comprennent pas comment c'est courageux;

ex: Waterboarding: Torture ? "Yes, but" au lieu de "Yes" => le lobby militaire met la pression sur les médias

5) Obama = "a mellow guy"
<=> Bill Clinton: énergique/Bush sr.: constamment au téléphone
Obama est "calme" (quand il apparaît à la télé, la pression sanguine nationale baisse de 5 points), mais "tough" en même temps => il mettra la pression sur les chefs européens; ils veulent des photos avec lui en visite, accueili par des masses enthousiastes ? Très bien, mais il faut une contrepartie.

6) Soutien des syndicats
- Les Démocrates seront TOUGH ON TRADE <> South = Républicain, compte sur la coopération avec les Européens
- L'ECONOMIE sera la priorité n° 1, et ça au détriment de l'environnement
ex: sondage en avril 2007: 52% préfère l'environnement comme terrain d'action à l'économie (36%) <=> janvier 2008: 58% économie, 33% environnement; "economy drives politics" => les Américains achèteront tous les produits européens, une fois que l'économie sera rétablie, mais il faut considérer chaque action diplomatique et militaire de cet angle prioritaire

7) Multilatéralisme ?
(réponse à une question de la salle, citant Byrd: "la plus grande menace pour les EU = une défense européenne")
- le Multilatéralisme politique est l'approche TRADITIONNELLE en Amérique <=> PAS du tout sur le plan économique
- L'Administration Bush a quitté cette voie, à cause du lobby intello des néocons => il faut supprimer par la force chaque centre de pouvoir alternatif
<=> les électeurs américains n'ont JAMAIS soutenu ces projets ((< Bush n'osait pas les reprendre dans son programme électoral)

Avant d'entamer l'après-midi, les participants on fait escale à l'Hoôtel de Lassay pour un déjeuner...

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