donderdag, april 23, 2009

Delors, Delanoë et Rocard !

Quelle chance exceptionnelle aujourd'hui... J'ai pu assister à la conférence sur l'Union européenne organisée par la section parisienne du Partido Democratico, au théâtre de l'Odéon, qui affichait l'ancien président (légendaire) de la commission européenne Jacques Delors, le maire de Paris Bertrand Delanoë et l'ancien Premier ministre de Mitterrand, Michel Rocard.



Un petit mot de courtoisie du Maire de Paris à l'occasion de la visite des Italiens (une assez grande délégation de jeunes): Bertrand Delanoë s'est félicité de leur venue, a déploré l'élection d'un quasi-fasciste à la Mairie de Rome (la seule ville jumelée avec Paris) en remplacement de son "ami" Veltroni et est resté pour la première partie du discours de Delors.





L'euro protège, mais ne dynamise pas
Surtout l'intervention de Jacques Delors (bien qu'interrompue de temps en temps par une interprète qui traduisait tout en italien pour les invités, qui n'avaient pourtant pas l'air de ne pas comprendre le français) était remarquable. Dans un exposé très clair et concis, il a tracé l'histoire de l'intégration monétaire et économique.



Du plan-Werner (Premier ministre luxembourgeois, qui proposait une monnaie unique dans les années '70), en passant par les initiatives de Giscard d'Estaing (pour lequel Delors n'a pas caché son approbation) et Helmut Schmidt, l'architecte de l'acte unique européen a abordé le marché interne et l'euro, tels qu'ils les concevait.

Il reconnait un échec lors du traité de Maastricht: l'impossibilité d'insérer une vraie coordination des politiques économiques. Ce qui nous a couté 0,5% de PNB par an en croissance. Idem lors de l'élaboration du pacte de stabilité: ce document ne prévoit que dans le titre de soigner la "croissance". Il regrettait que le gouvernement français (Balladur, si je ne me trompe) de l'époque n'ait pas tapé plus fort sur le clou.



Dans l'Union actuelle, Delors posait la nécessité de procéder à une intégration dans un cercle restreint, les tentatives d'approfondissement étant paralysées par le droit de véto national. Droit de véto, qui donne lieu a des pratiques ignobles de dumping fiscal: les entreprises ont la liberté d'aller payer leurs impôts ailleurs (Estonie), ce qui nuit gravement aux revenus des États qui ont une politique sociale (France, Belgique, Allemagne...). Pourquoi être solidaire avec des États pauvres, s'ils pratiquent des politiques fiscales parasitaires ?



En ce qui concerne la campagne 2009, Delors mettait surtout en garde contre la tendance à l'intergouvernementalisme, telle qu'il la voit chez Sarkozy et l'UMP. Dire que "si l'Europe veut, elle peut" est une négation du rôle des institutions communautaires. La Commission européenne n'est pas dangereuse, tout ce qu'elle peut, c'est proposer. Mais il faut bien qu'on lui laisse l'opportunité de le faire... Dans ce petit extrait, Delors revient aux trois principes de l'Acte unique: concurrence, coopération, solidarité. Le premier point étant réalisé (bien que la surveillance des pratiques d'abus de pouvoir des entreprises reste une préoccupation constante), le deuxième à peine et le troisième pas du tout. Il reste du pain sur la planche.



Le rapport entre questions financières et ce dernier aspect était traité par Michel Rocard, qui a mis en perspective les circonstances économiques des premières décennies de l'intégration européenne ("les trente glorieures"), scandées par les trois Keynes, Ford et Bretton Woods, pour ensuite faire le contraste avec les revenus croissants des actionnaires et la précarisation du travail depuis le deuxième choc pétrolier et le décrochage du dollar et de l'or. Pour $ 1 commercial, $ 1 financier était en place dans les années '60. En 2008, on était à $ 60 financiers pour $ 1 commercial. Le moment où les autres partis découvrent que les socio-democrates (terme de Rocard) avaient raisons depuis 60 ans... Les conservateurs sont bel et bien à droite.




Geen opmerkingen: