vrijdag, april 17, 2009

France - OTAN

A l'heure où Sarkozy se spécialise en commentaires désobligeants à l'égard de ses collègues européens et d'Obama, retour sur le débat parlementaire sur sa décision de réintégrer l'Organisation du Traité atlantique. Ce faisant, il rompt avec la décision du Général de Gaulle de mars 1966, qui voulait marquer le caractère temporaire de l'alliance: la France choisirait toujours le côté des Américains en cas de conflit, compte tenu du contexte de la guerre froide. C'est pourquoi elle désirait rester dans le conseil de l'Alliance, conclue en 1949.

Cependant, elle ne voulait pas pour autant mettre sa force de frappe nucléaire, ni ses forces conventionnelles, sous autorité du SACEUR (Supreme Allied Commander Europe), toujours un militaire américain, depuis la guerre de la Corée (situation postérieure à la création de l'alliance). D'où le refus de la Force Multilatérale (proposée par Kennedy, d'après son "Grand Design" de partenariat altlantique en 1962) et des accords de Nassau, où le Royaume-Uni met plus ou moins ses bombes sous contrôle américain, en échange pour la technologie "Polaris". A l'heure du retrait de l'OTAN, l'opinion française était plus ou moins divisée. De Gaulle a tiré profit de son autorité pour "imposer" la décision et convaincre de petit à petit la nation du bien-fondé de cette option. Le président Sarkozy a choisi d'y revenir (le 12 mars dernier, discours devant l'Ecole militaire).

Notons qu'aussi bien François Mitterrand que Jacques Chirac avaient déjà entrepris des tentatives de réintégrer l'Organisation. C'est avant tout une question de nominations et de postes que peuvent briguer les militaires français (qui, du coup, sont obligés d'apprendre à parler l'anglais convenablement :-)). Laurent Fabius, ex-Premier ministre de Mitterrand, qui intervient ici à l'Assemblée nationale, essaye de rappeler ce consensus national sur la politique de défense. Quand Sarkozy annonçait la décision, il a été critiqué par les "gaullistes" au sein de l'UMP. L'ancien Premier ministre de Chirac Dominique de Villepin (persécuté dans l'affaire Clearstream, où il est accusé d'avoir orchestré une campagne judiciaire contre Sarkozy) a quasi immédiatement réagi dans Le Monde. Idem pour Hubert Védrine, ex-ministre des Affaires étrangères et ex-secrétaire général de l'Élysée sous Mitterrand. Malgré ces réactions plus ou moins uniforme de l'"establishment" français, le virage semble avoir été pris. Comme à l'époque de de Gaulle, l'opinion publique est partagée. Même si les opinions de de Gaulle sur le monde multipolaire (comme le souligne Fabius) semblent plus être en phase avec le monde post-guerre froide que celui des années '60.




A voir aussi: ce documentaire France 5 "l'Amérique contre de Gaulle, 1961-1969", sur la force de frappe française. Avec les témoignages de Pierre Messmer, Arthur Schlesinger et Henry Kissinger.


Geen opmerkingen: