donderdag, oktober 15, 2009

Qu'est-ce que l'Occident ?

L'Occident est-il en danger ? La Revue Internationale et Stratégique se penche sur le sujet dans son numéro, qui vient de paraître en ligne sur CAIRN. Entretiens avec Hubert Védrine, Tzvetan Todorov et Régis Debray.

Sujet intéressant, puisque l'Occident se construit par opposition, sur base d'une communauté (supposée) de valeurs, qui serait différente de celle d'un pôle adverse. Or, depuis 1989, l'Orient n'est plus ce qu'il était avant. On pouvait jusqu'alors opposer démocratie (antique, médiévale, révolutionnaire) occidentale et despotisme oriental (russe, chinois, japonais...), état de droit et libertés individuelles à un modèle autoritaire. Bien sûr, l'opposition entre système autoritaire (chinois) et démocratie reste valable. Mais les conflits ne sont plus très évidents. Faut-il reconsidérer l'identité occidentale ?

Faut-il considérer Al Quaeda comme la menace dont on avait besoin pour garder le concept en vue ? George Bush et les néoconservateurs se considéraient-ils comme les messies du modèle occidental au Moyen-Orient, "terre de barbares" ? L'Occident est-il un concept offensif, destiné à soumettre les autres ? N'est-ce pas une dérive par rapport aux différences qui ont toujours caractérisé ce modèle ?

L'Occident est-il encore un centre de pouvoir ? Ne serait-il pas correct de dire que l'Europe s'évapore dans la partition globale de la puissance au G-20, au profit d'un G-2 Chine-Amérique ?

La question a surgi lors d'un entretien avec un ami brésilien, qui me demandait si je considérais le Brésil ou l'Amérique latine comme faisant partie de l'Occident. Ou pourquoi je le considérais différemment de l'Amérique du Nord. Les religions (Catholicisme, Presbytérianisme), le système légal (copié des modèles continentaux, soit anglo-saxons), le système politique... sont liés. L'ascension du Brésil n'annonce-t'elle pas une correction du concept de l'Occident consistant que de la communauté atlantique ?

D'un point de vue formel, on pourrait argumenter que la non-présence des pays d'Amérique latine au sein de l'OTAN les exclut du concept stratégique de l'Occident. Mais l'alliance elle-même est datée. Le monde de 1949 n'est plus celui de 2009. Le Brésil et les États-Unis ne sont-ils pas tous les deux des anciennes colonies émancipées, qui se construisent une propre identité internationale ? Plutôt que de parler d'identité "occidentale", je concept de monde multipolaire, ou de co-gestion sur pied d'égalité des grandes puissances, semble plus adapté à la réalité.

Évidemment, cette cogestion n'est pas une affaire neutre. Elle implique conflit, diplomatie et compromis des intérêts des acteurs. Et donc des stratégies d'alliance. Ce qui nous ramène à la case départ: dans quelle mesure les liens culturels d'avant seront ils encore d'actualité après ? Finalement, le lien Washington-Londres n'a pas plus de valeur que celui entre Rio et Lisbonne, Caracas et Madrid... Ou celui entre la Chine et l'Amérique latine ou encore l'Afrique, où elle essaye de se substituer aux Américains dans sa poursuite de ressources (pétrol, uranium...) qui lui manquent. Peut-on vraiment faire des affaires avec tout le monde, une fois qu'on accepte le système institutionnel international ? Ou existe-t-il une affinité culturelle entre pays (ou blocs) à histoire similaire ?

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