donderdag, oktober 21, 2010

Jacobite Parisian pub fight...

(The Old Pretender)

Le samedy 8e juin N.S. jour de la naissance du Roy
de la Grande Bretagne, le Chevalier Buckworth,
le Major Gordon (du regiment d'ottway) et le
capitaine de la melloniere, tous les trois officiers dans
les troupes de sadite majestè, furent jusques à 9 heures
du soir chez my lady stair, où il y avoit grand monde.
De là nous fûmes au caffèe de gregoire, qu'on apelle le
caffè anglois étant le rendezvous des messieurs de la
nation britannique, où nous trouvâmes trois messrs
de nos amis, sçavoir messrs Jennins, Hornby et
Hamilton, mais comme il s'y trouva nombre de
Jacobites qui examinoient nos habits, et faisoient mine
comme portez à nous dire des choses que nous auroient
pû faire naître des affaires facheuses, nous jugeâmes
unanimément à propos, pour les eviter (les Jacobites) d'aller
au caffé allemand, où nous passâmes près d'une heure
de temps. Dudit caffèe allemand nous allâmes tous
les 6 au Cabaret à l'enseigne de la ville de Londres rüe
Dauphine, où il y avoit tous les soirs une Chambre
retenuë pour le Chevalier Buckworth et sa compagnie.
Vers les 11. heures du soir nous y soupâmes, et après


(rue Dauphine, 6th Arr. Paris)

souper, bûmes à la santè du Roy et de S.A.R. monsr
le Prince et made la Princesse de Galles, &c et quelques
autres santès suivant la coûtume en angleterre à
pareil jour. Nous n'eûmes pas fini nôtre chanson
Vive le roy George &c. que nous fûmes repondu
par des jacobites dans la chambre attenante à la nôtre,
qui chantoient le plus haut qu'ils pouvoient, les chansons
pleines d'injures et d'invectives contres sa majestè et la
famille royalle, avec des voeus pour l'elevation du
Pretendant sur le trône de la grande bretagne. Ce qui
nous fit conclure à tous, que ces messieurs ne chantoient
des pareilles chansons, qu'à dessein de nous faire insulte,
puisqu'ils ne commençerent qu'après nous eûmes finis, et
qu'ils entonnerent d'un ton si peu ordinaire leurs chansons.
Nous ne leur dîmes pourtant mot. Mais comme ils
recommençoient leurs chansons, nous fûmes d'avis de les
prier de discontinuer. Le capitaine de la melloniere
entra dans leur chambre pour les en prier, mais au
lieu de l'écouter, ils luy dirent des injures et l'un d'eux
se saisit d'une bouteille, pour la luy jetter à la teste.
Sur quoy le dit capitaine luy lança un coup de canne.
(il avoit à sa main la canne d'un des messieurs de sa
compagnie, avant que de sortir de la chambre, pendant



quelque temps, et est sorti en veste et sans epèe) les
deux jacobites mirent d'abord l'epèe à la main contre luy,
et le pousseren vivement. Il para leurs coups en se
retirant hors de leur chambre, et le long du passage qui
mene à l'autre d'où il étoit sorti. Ces messieurs le
serrerent fort, et comme il ètoit arrivè à la porte,
de nôtre chambre, le chavelier buckworth, qui avoit
pris son epée sur le bruit qu'il entendit d'epèes dans
ledit passage, et vouloit aller separer les messieurs
qu'il croyoit aux prises, n'ayant pû sortir de la
prote de la dite chambre le passage dehors étant
etroit et bouchè, les jacobites luy porterent quelques
coups d'epèe, dont l'un luy perça la veste seulement,
mais un autre le blessa de quelque profondeur au ventre,
sur le seuïl de la porte. En meme instant l'un de
nos messieurs ayant portè une chandelle, le capitaine
de la melloniere fit sauter l'epèe à l'un des Jacobites.
Ce qui mit fin à l'affaire, et le chevalier buckworth
ayant dit (parlant auxdits jacobites) vous m'avez
blessé, messieurs, qui n'ay point eu de part à cette
affaire, n'ayant mis l'epèe à la main qu'à dessein
de prevenir un accident en vous separant. Sur quoy



l'un des jacobites repondit. Je suis blessé aussi. Le
capitaine de la melloniere sortit de nôtre chambre
comme est dit cy dessus, en veste et sans epèe. Le
major gordon qui etoit logè au susdit cabaret avoit
monté à sa chambre avant souper, et quitte son epère,
et nous avoit rejoint en veste et bonnet de nuit.
Monsr hamilton s'étoit retiré vers son logis avant
que la susdite affaire est arrivèe. Les exprès à
messrs hornby et jennins et au capitaine de la
melloniere ont demeurèes penduës à leur chambre
jusqu'après que tout fut fini; et personne de nôtre
compagnie n'a mis l'epère à la main que le seul
chevalier buckworth./.

(State Papers Kew, 68-168, France June-September 1720, ff. 45r-46v)

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