maandag, juni 22, 2020

ARTICLE: "Renonciations et possession tranquille : l’abbé de Saint-Pierre, la paix d’Utrecht et la diplomatie de la Régence" (Clio@Thémis: revue européenne électronique d'histoire du droit/European Electronic Journal in Legal History n° 18 (2020) (OPEN ACCESS)

(image source: Clio@Thémis)

Abstract:
Abbot Saint-Pierre (1658-1743) is one of the most studied early 18th century political thinkers. His “utopian” project of perpetual peace was published during the Utrecht Peace Congress (1712-1713), where plenipotentiaries from various European powers ended the War of the Spanish Succession (1701-1714). As Merle Perkins demonstrated, Saint-Pierre’s conceptions on the state of nature and man’s violent instinct were similar to Hobbes’. Saint-Pierre, by contrast, believed in the possibility to overcome the violent state of nature. The key element here was the freezing of reciprocal legal claims by monarchs, which were always a source of conflict. Leaving quarrels behind, the “European Union” would be able to ensure the “tranquil possession” of sovereigns. The diplomatic context after the Peace of Utrecht was more compatible with his position than his first version (1712), wherein he castigated balance of power-politics. The peace was based on the mutual renunciations by the most prominent pretenders to the Spanish Succession. Saint-Pierre redacted the 1717 edition of his Projet to convince the Regent’s diplomats. Their efforts focused on finding a solution for the duchies of Parma and Piacenza, and the Grand-Duchy of Tuscany. The context of Regency diplomacy explains the attempts of Saint-Pierre to deliver a credible message, able to convince the actors of French foreign policy.
Résumé:
L’abbé de Saint-Pierre (1658-1743) est un des penseurs les plus étudiés du début du dix-huitième siècle. Son projet « utopique » de paix perpétuelle fut publié pendant le Congrès de paix d’Utrecht (1712-1713), où des plénipotentiaires de diverses puissances européennes mirent fin à la guerre de Succession d’Espagne (1701-1714). Comme le souligne Merle Perkins, les conceptions de Saint-Pierre, comme celles de Hobbes, partaient de la crainte comme fondement de l’ordre social et de la nécessité d’un arbitrage obligatoire. Saint-Pierre croyait en le dépassement de l’état de nature violent. L’élément-clé était la fixation des prétentions juridiques réciproques des souverains, source de querelles. En abandonnant les querelles, l’ « Union européenne » pourrait assurer la « possession tranquille » des souverains. Le contexte diplomatique après la paix d’Utrecht était davantage compatible avec sa proposition que celui du début de la conférence, où Saint-Pierre fustigeait l’équilibre des pouvoirs. La paix était basée sur les renonciations réciproques des principaux prétendants à la succession d’Espagne. Saint-Pierre écrivit l’édition de 1717 de son Projet pour convaincre les diplomates du Régent, qui s’appliquaient à introduire une solution semblable pour les duchés de Parme et de Plaisance, et pour le Grand-Duché de Toscane. Le contexte de la diplomatie de la Régence explique les tentatives de l’abbé de formuler un message crédible, susceptible de convaincre les acteurs de la politique étrangère française. 
Read the full article here. (DOI 10.35562/cliothemis.316)

This article is part of a special issue "Histoire du droit international", which I had the honour to co-edit with Raphaël Cahen (VUB) and Elisabetta Fiocchi Malaspina (Zürich). Our common introduction ('L’essor récent de l’histoire du droit international') can be found here (DOI 10.35562/cliothemis.298).

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